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Klakomaniak en concert

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26/11/09 au Nautilys de Comines

-Ils ont commencé ?
-Non, c’est les balances

Au bout du deuxième morceau, ça commence à être bizarre. Ils avaient effectivement commencé. Les individus sont sur scène, trois en chemise, un torse-nu moulé dans un pantalon rouge. Le monde de Klakomaniak prend vie. Au fond de la scène, un pentagramme en néons s’illumine. Dans un coin, une lampe de chez mémé, à côté de la boite marquée d’une croix renversée servant de piédestal à la fouine empaillée dont la dignité post-mortem n’est plus qu’un lointain souvenir. Un décorum entre le kitsch et le malsain, qui sied parfaitement aux chansons du groupe. Les éclairages appuient les ambiances, apocalyptique sur Révolution, horrifique dans Le garage des trois barbus, ou enfantine sur Poil au tableau, reprise de Gotainer. Bien que les hurlements ne soient pas intégralement compréhensibles, les paroles font rire. Nico mouillerait sa chemise s’il en portait une pour incarner ses personnages. Les deux tritureurs de manches l’accompagnent au chant ici et là. Pendant que du côté droit de la scène, le batteur bioméchanique frappe son instrument hybride, où la caisse claire et les cymbales côtoient des pads électroniques pour un martelage en puissance. Les riffs secoueurs de têtes se mélangent aux synthés préenregistrés. C’est de là que vient essentiellement le côté délirant de la musique. Avec un vrai claviériste, l’ensemble serait plus vivant, mais les Klakos se débrouillent bien sans.

Leur méfait accompli, ils quittent triomphalement la scène sous un déluge d’applaudissements – préenregistrés également. Mais il y avait aussi un vrai public. Et il a même eu l’air d’apprécier. Il parait que l’entrée sur scène théatralisée avait fait son effet, en installant l’ambiance dès le départ. à vérifier sur une prochaine date.

Chose faite le 17 décembre à la Chimère, à Lille. Salle beaucoup plus petite. Le groupe sera-t-il à l’étroit, amoindri, diminué, affaibli ? Le décorum est plus limité, forcément. On a droit à une intro au clairon. Mais dans cet espace restreint, l’énergie est encore plus concentrée. Que voulez-vous, le groupe est très bon, c’est tout. On rigole presque autant qu’on bouge la tête. Les prises de paroles de Nico entre les titres ne sont pas écrites d’avance, il kiffe la vibe et improvise. Derrière, les musiciens assurent, peu importe le pétage de corde. Au vu du flot de louanges reçu après le récital, les Klakos vont sûrement vite se la péter grave. Dépêchez-vous d’aller les voir avant qu’ils ne se transforment en rockstars et ne jouent plus que dans des stades à 100€ la place.

Cap, le 30/12/09.