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Klakomaniac | Projet Caracasse (Metal | Lille)

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Brutality



A première vue, je n'aurais pas parié grand chose sur ce disque. Projet Carcasse de Klakomaniak (Klako pour les intimes), ça sonne « joke band » pas drôle à la musique sans intérêt, façon Ultra Vomit. Mieux vaut se fier à la description du groupe relayée par la promo du Chicon Gratt1 festival : « Pastiche de métal, de rap US et de techno hardcore ». Pastiche, voilà un point commun avec les Laurent Gerra du métal sus-cités. Sauf que Klakomaniak ne se limite pas à ça, et transforme ses influences en un style créatif, dont ce trois-titres est le premier témoignage sur galette.

Techno hardcore ? La batterie intègre des sons synthétiques, une grosse caisse saturée à la Berzerker et des beats drum'n'bass. S'ils n'étaient que trois au moment de l'enregistrement, les Klako ont depuis intégré un batteur. Sur scène, la batterie électronique assumée permet de jouer avec des sons artificiels et puissants. Rap US ? Quelques passages de cet acabit s'intègrent dans les morceaux, mais pas de breaks gratuits et purement parodiques. Métal ? Plein. Du bourrinage à la Fear Factory, des riffs un peu « néo », des passages plus mélodiques, d'autres qui penchent méchamment vers l'indus... Le tout saupoudré d'un accompagnement de synthé et doré au four à uranium.

Le chant est essentiellement hurlé en français. Les textes -d'après ce qu'on en comprend- parlent de souffrance : celle d'un amour non partagé, d'un type trop-bon-trop-con exploité par des vieux, et d'un accro à la mayonnaise. C'est un peu débile, mais il y a un minimum d'effort sur l'écriture qui fait qu'on s'approche plus de Gotainer que d'un certain groupe qui pense qu'il suffit d'un jeu de mot pour faire un morceau. Ne pas se prendre au sérieux n'empêche pas de faire les choses sérieusement. En concert le chanteur ajoute à ça des transitions du même ordre.

Le groupe a presque terminé un album de huit titres, dont l'aperçu en live rend plutôt optimiste. On ne peut qu'espérer qu'il pousse encore plus loin le délire et le mélange des genres. Car il se pourrait qu'on ait affaire à un rejeton de Carnival In Coal.

CAP, le 18/06/09.